La province iranienne du Sistan et Baloutchistan, à la frontière avec le Pakistan et l’Afghanistan, est la plus pauvre d’Iran. Les Baloutches appartiennent pour la plupart à une minorité sunnite qui subit d’importantes. discriminations. Cette région agitée est surveillée de près par Téhéran

Etre sunnite en Iran, c’est forcément être un citoyen de seconde zone. Les sunnites ne disposent d’aucun représentant en propre au Majlis (le Parlement iranien), et ils subissent toujours — comme les autres minorités du pays — d’importantes discriminations en matière d’emploi. Il leur est très difficile d’accéder à des postes à responsabilités, et certains métiers leur sont toujours interdits. Zahedan est située à 40 kilomètres du point de rencontre des frontières iranienne, pakistanaise et afghane. La porosité des bordures avec ces remuants voisins a fait de cette région l’une des principales autoroutes mondiales du trafic de drogue.

Le centre-ville de Zahedan ne respire pas le narcotrafic, bien que ses habitants s’amusent à confier qu’ «on y trouve toujours ce qu’on cherche». Alcool, stupéfiants, et aussi pièces automobiles, vêtements... Les bazars du centre sont un enchevêtrement d’immenses boutiques fourre-tout : des milliers de fripes, de contrefaçons, d’ensembles dernier cri «tombés du camion.

Dans l’immense mosquée Makki, centre stratégique du sunnisme iranien et lieu de vie incontournable de la cité, on apparaît même enthousiaste. Accusée à plusieurs reprises d’avoir eu des connexions avec la Jundullah, Al-Qaida, ainsi qu’avec d’autres groupes armés (accusation largement réfutée par les religieux fréquentant les lieux), la mosquée présente désormais un visage pacifique. Les fidèles y défilent par centaines afin d’écouter les prêches du leader de la communauté sunnite iranienne, le très influent mollah Abdoul Hamid (à droite sur la photo), qui se distingue par ses volontés pacificatrices et œuvre depuis plusieurs années à la réconciliation avec les chiites. Quand on l’interroge sur les difficultés rencontrées par sa communauté, il est on ne peut plus clair : «La situation n’est pas évidente. Mais nous faisons tout le nécessaire pour faire respecter nos droits, par la voie légale. Nous sommes en paix.» De quoi trancher avec la paranoïa qui avait envahi la région il y a quelques années. «Abdoul Hamid est un homme très respecté dans toute la région du Sistan et Baloutchistan, et même au-delà. Nous avons tous confiance en lui», confie un fidèle.

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